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LES FRANCAIS ET LA CREMATION
 
Prédominante dans l’Antiquité,
 
la crémation a disparu en Occident et en France jusqu’à la fin du XIXe siècle, une seule « incinération » ayant été autorisée pendant la période révolutionnaire. C’est en 1889 qu’un décret vient réglementer les « modes de sépultures » et autorise de facto la crémation. L’Église catholique l’admet en 1963 lorsqu’elle n’est pas “désirée comme une négation des dogmes chrétiens, dans un esprit sectaire, par haine de la religion catholique ou de l’Église”. Acceptée par les protestants dès 1898, elle est encore, aujourd’hui, refusée par les religions israélite et musulmane. Ainsi, la crémation a-t-elle connu, en France, un renversement total de son statut, en passant d’un interdit culturel à une pratique en constante augmentation. En effet, la culture française a été largement marquée jusqu’à ces dernières décennies par les traditions judéo-chrétiennes qui marquaient une vive opposition à la crémation au point qu'en 1970, on comptait en France seulement un millier de crémations. Cet interdit a été levé progressivement après le Concile de Vatican 2, en 1963.


En France, comme dans d’autres pays européens, la crémation s’est développée très fortement depuis une vingtaine d’années. Le taux de crémation de 28 % a été dépassé en 2008 (pour plus de 140 000 crémations) et l’on prévoit que le taux de 35 % sera atteint d’ici 2015. Cette évolution traduit un changement d’attitude des Français par rapport à la mort 
 
 

 
Un sondage IFOP/OGF [1] a révélé que 52 % des Français préféreraient être crématisés plutôt qu’inhumés, alors que ce choix ne concernait, en 1998, que 39 % de nos concitoyens. On constate, néanmoins, que ce chiffre reste très inférieur à celui des pays anglo-saxons où la pratique crématiste est ancienne, répandue et culturellement admise.​
 
 
La crémation suit donc une évolution exponentielle résultant de motivations diverses. Parmi les raisons invoquées, on trouve la volonté de faciliter la vie de ceux qui restent, puis une forme de liberté, enfin des raisons philosophiques et des motifs écologiques. Au-delà de l’acte technique, une majorité de Français (72 %) estime que la crémation doit être accompagnée d’une cérémonie [1].​
 
 
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Cet hommage, rendu au crématorium ou dans un édifice cultuel, reflète de plus en plus la personnalité et la vie du défunt comme l’implication des proches dans le détail du contenu d’une telle cérémonie. Enfin, le développement de la crémation pose avec acuité la question du lieu de mémoire et de recueillement, indispensable à la fois à la société qui reconnaît ainsi ses membres, comme aux proches de chaque défunt qui doivent pouvoir disposer, selon tous les spécialistes, d’un lieu précis symbolisant la trace.
Ainsi, 75 % des Français accordent une grande importance à la mise à disposition des familles d’un lieu de recueillement et de mémoire [1].
 1 - Sondage réalisé en août 2010